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Nomade

Depuis quelques années, je vis en nomade. Je vais d’un appart à l’autre, sans me fixer plus de quelques mois. Collocations temporaires, sous-locations, squattages d’apparts de potes en vacances.

Je découvre des univers, des intimités, qui ne sont pas les miens.

Les économies que je fais sur mon loyer, je les dépense en voyages. Je pourrai aussi avoir un petit studio, mais quelque part cette vie de nomade me plaît. Je suis chez moi un peu partout. Sur l’île Saint Louis, entre 2 Berthillon, je peux dire « c’était mon quartier ». Rue Saint Denis, je connais certaines prostitués pour y avoir habité plus de 6 mois. J’ai aimé Montrouge, la « proche banlieue » très calme. J’aime aussi Taverny, pour cette grande maison avec jardin, mais c’est malheureusement trop loin du centre de Paris pour que je m’y sente à l’aise. La liste est longue, je pourrai aussi vous parler de mon affection toute particulière pour la place des grands hommes, des multiples visages de Belleville et de la bulle de fraîcheur du parc des Buttes Chaumont. Il n’y a pas que Paris, je pourrai aussi vous parlez de ma maison où je voyais la mer de ma fenêtre, et de cette autre fenêtre depuis laquelle je vois les rues animées de Stockholm. De mes 5 minutes de marche qui m’amenaient sur la promenade des anglais, de mon jardin où je cueillais des papayes et des fruits de la passion…

Je me sens chez moi très vite dans un nouvel environnement, et cette vie un peu décousue m’a donné une faculté d’adaptation déconcertante. Mais déménager me pèse, je passe mon temps à transporter des sacs, d’un endroits à l’autre. Car tous ces faux déménagements se font progressivement, pas de camion, juste des sacs, que je transporte en scooter, à pied, à roller, plus rarement en voiture… Donc si vous me voyez vendre mes affaires régulièrement, c’est pour alléger la maison que je porte sur mon dos.

Etre nomade, ça veut aussi dire que je quitte le sourire de la gentille boulangère qui commençait à me connaître, que je n’arriverai jamais à retenir le code de la porte d’entrée. Qu’il m’arrive de rentrer chez moi le soir, et la fatigue aidant, de ne pas rentrer au bon « chez moi ». Je ne m’installe jamais vraiment, pas de photos aux mur, du moins pas les miennes, mes livres restent dans des cartons…

Mais cette période ne durera qu’un temps, et j’en profite, et je suis plutôt optimiste sur ce que me réserve le futur 🙂

6 comments

  1. pure curiosité : comment c’est arrivé au départ ? choix ou situation qui s’est éternisée ?

    je trouve ça assez funky 🙂

    • Depuis que je suis toute petite, ma mère m’a beaucoup trimballé d’un endroit à l’autre, j’ai fais 14 établissement scolaire avant mon bac. Je pense qu’ensuite ce rythme est resté encré dans ma tête. Actuellement, si je ne me pose pas, c’est parce que je n’arrive pas à faire de concession entre mon budget loyer (600€) et mes désirs (45m2 pas trop loin du centre de Paris). Du coup, je saute sur les bonnes occasion, et j’arrive à dégoter des petits bijoux (30m2 sur l’ile saint louis, 45m2 aux buttes chaumonts puis à Belleville) qui rentrent dans mon budget. Malheureusement, ce sont toujours des solutions temporaires, car les vrais propriétaires finissent par revenir ! Là je devrais pouvoir rester où je suis jusqu’à fin décembre !

  2. Je fais la même chose que toi pendant 1 an. Mais à l’hotel et le pire pour moi c’était de ne pas avoir de chez moi, pas d’attache. Le plus familier c’était mon siège de TGV que je reprenais à la fin de chaque semaine. Par contre le plus c’est que je peux écrire un guide des hôtels de l’est de Paris. 😀

  3. Franchement, chapeau ! La maitresse de l’adaptation. Je suppose que tu as du côtoyer des milliers de cultures différentes. Ça t’as apporté pas mal de choses positives ça 🙂

  4. Une belle leçon, expérience, de vie que tu nous donnes là. Merci de partager un petit bout de ta vie et de ce rêve.

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