Breaking News

Mon tour en Ford Mustang 1970

Cet article a été écrit par Timothe

Je ne sais pas quelle musique me trotte en tête à ce moment-là : le ciel d’un bleu unique, le soleil glissant sur les herbes au bord de la route. Ce n’est pas la route 66 mais on se croirait en amérique, au volant de cette muscle car légendaire.

Pascal est mon hôte : il a cette Mustang depuis 20 jours, et la découvre encore : la semaine précédente, il réparait une durite au milieu de la route. Faut dire que la bête a déjà plus de 40 ans, on lui pardonne ses caprices.

Au premier regard, l’engin me fait de l’oeil, habillé d’un bleu profond, bardé de bandes noires mat du plus bel effet. Je suis déjà amoureux.

Sous le capot se dévoile un bon gros V8, rutilant quand on monte dans les tours, la faute aux échappements spéciaux de cette édition Boss 302.

Un coup sur la pédale, la bête rugit, ses 290 chevaux ne perturbant pas sa boite de vitesse, automatique – bien sûr. Les passages sont doux, et relancent un grognement viril. Je peux la dompter pendant 45 minutes sur ces belles routes.

Ces engins sont faits pour aller tout droit : les suspensions sont évidemment assez molles, et les 1,5 tonnes donnent l’impression de s’étendre dans les virages. Le modèle que j’essaye a pourtant des suspensions plus dures que la série classique. Le bateau a une direction assistée, mais à l’époque, ce n’est pas au point. En ligne droite, on a l’impression que la direction a un jeu, qu’il faut rectifier pour ne pas se retrouver dans le décor. Vous avez déjà vu ça quelque part ? Ça me rappelle quand on imitait les films américains étant petit.

C’est ma première expérience dans une vieille américaine : l’impression est tellement exceptionnelle qu’on a vraiment l’impression d’être dans un autre univers. Un voyage dans le temps, dans l’espace, m’amenant dans ce pays de la démesure. L’habitacle est spacieux, les banquettes en cuir sont grandes, et l’on se cramponne pour ne pas glisser dans les virages.

La donne de la puissance et l’esthétique de cette voiture sont le pratique et la qualité : si on peut faire du 0 à 100 km/h en 6,5s, les portières ont des vis apparentes, et les bas de caisse rouillent facilement. Mais c’est là qu’on reconnait les passionnés : on se fait posséder par l’âme de cette voiture légendaire. Cette voiture représente l’american dream, à l’époque comme maintenant : Ford a rendu accessible un modèle puissant mais abordable, conçu pour durer dans le temps.

Essayez de calculer le rapport prix / puissance : à $23,000 une Mustang 2013 neuve, le premier moteur est un V6 de 300 chevaux. Allez, je vous fais le calcul : ça fait 67 € le cheval. À titre de comparaison, une Porsche Panamera, qui donne 300 chevaux, coûte 88 572 € ; ça fait 295 € le cheval. Ne me parlez pas du prestige de Porsche ou de la qualité allemande, ce n’est pas le point ici. L’idée est que la Mustang est une légende ne serait-ce par le contexte de son coeur de marché.

Je me tâte beaucoup à acquérir une Mustang. C’est une voiture de rêve avec beaucoup de présence. Mais à prix équivalent, il est tout de même difficile de choisir entre une Mustang de collection ou une Mustang récente ! Les carrosseries de l’époque sont magnifiques, l’ambiance qui y règne est un régal, c’est une voiture de passionnés. Mais l’investissement personnel est important, surtout en France ! Il faut mettre les mains dans le moteur, trouver des fournisseurs, avoir un stock de pièces de rechange… sans compter la consommation ! Les nouvelles ont du charme aussi, et leurs motorisations, aussi importantes, sont évidemment modernes et donc optimisées.

Les voitures d’aujourd’hui, spécialement japonaises, ou françaises et allemandes, manquent de personnalité : aseptisées, parfaites, insonorisées. Ça se ressent dans l’automobile en général : le modèle a fait des petits, et même sur une Mustang 2012, que j’ai pu également essayer, on retrouve cet aspect lisse du confort moderne.

D’où la nécessité de se plonger dans une voiture de collection. Retrouver une communion, une sympathie pour son véhicule. Garder avec soi une légende dont on est fier, et qu’on aime passionnément, malgré tous ses défauts.

Merci 1000x à Happytime (sic) et Automaniacs pour cet essai, et particulièrement Pascal pour son accueil et sa passion.

5 comments

  1. Très bel article ! La mustang 1970 est ma favorite ! En 1971, ils ont un peu trop radicalisé les lignes de la carosserie. En plus la BOSS 302 est « un peu » l’équivalent de la 205 GTI chez nous. C’est la version sport, pneus et amortisseur spéciaux, moteur plus grand ( la version de base commencait avec un V6 ce qui est déjà pas mal)
    J’ai eu la chance récemment d’essayer la mustang décapotable 2012 V6 et c’est déjà impressionnant. Je passe sur les finitions moyennes bien courante chez les voitures américaines, c’est un muscle car et c’est tout ce qu’on lui demande. Des chevaux sous le capot pour pas trop cher.

    Merci encore de nous avoir fait partager cet essai.

  2. Super cet article !
    Cette Mustang est dans un état de conservation incroyable, et le V8, même au ralenti, a une sonorité inégalable… Ça fleure bon l’Amérique, même si aujourd’hui en France en acquérir une est une douce folie (prix d’achat, consommation d’essence gargantuesque…).
    Mais comme je comprends les passionnés qui peuvent se le permettre !
    Le modèle 2012 est, c’est vrai, à peu près abordable (par rapport à la concurrence), tout comme la Chevrolet Camaro d’ailleurs. Superbes muscle cars bien peu représentées en Europe mais que j’adore 🙂

  3. J’avoue, ayant conduite cette ravissante ancienne de Pascal, qu’un envoûtement immédiat s’empare de nous lorsque que tourne la clé de contact et que l’on fait les premiers mètres de roulage.
    Mais la Mustang Shelby d’aujourd’hui est source de sensations et à un caractère très pointu, elle marque les esprits d’une autre façon, elle reste très attachante et sauvage…. F.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *